Il y a plusieurs mois, un élève braque une professeure avec une arme de poing, quelques semaines plus tard, quatre lycéens l’imitent au Havre.

Quelles sont les réponses de la loi, de l’école, faut il des portiques de sécurité? des gardes (armés) comme aux Etats Unis? Des caméras de surveillance?

Résumons: pas de formation des profs sur la gestion de groupe, un système de contrôle infantilisant d’inspecteurs qui inspectent et n’aident en rien bien souvent (IEN, IPR), des chefs d’établissements souvent frileux, des parents vindicatifs, des élèves souvent sans trop de limites…
Que faire quand deux gaillards se battent en pleine classe? Si vous ne maitrisez pas les arts martiaux, surtout ne pas se mettre entre les deux et aller chercher de l’aide: assistant d’éducation, collègue, envoyer un élève chercher le chef d’établissement, etc…et même si vous pensez maitriser, c’est vous qui risquez d’être poursuivi en cas de problème. D’autant que les fonctionnaires de l’Education Nationale (pléonasme) ne sont pas les premiers à couvrir leurs collègues (contrairement à d’autres corps professionnels: policiers, médecins, magistrats…).
La sanction ultime, le conseil de discipline? Se refiler la patate chaude et/ou participer au décrochage scolaire de l’élève?

Et que fait la Police? son métier mais… le Parquet cultive bien involontairement semble-t-il l’impunité de nos jeunes mineurs, et arrivés à leur majorité, ce sentiment de toute puissance et de défiance vis à vis des forces de l’ordre, des professeurs et autres représentants de l’administration publique perdure et ne fait que se renforcer.

Tout au plus une garde à vue sera effectuée suivie bien souvent par de simples rappels à la Loi assortis d’une éventuelle peine fictive…

Tant et si bien que les Juges Des Enfants du Parquet de Bobigny (93), début novembre 2018, ont lancé un cri d’alerte, un aveu d’impuissance alarmant dans le journal Le Parisien.

A lire de toute urgence:

« Dans une tribune qu’ils publient en exclusivité ce lundi sur France Inter et dans le journal Le Monde, les quinze juges des enfants de Bobigny lancent un « appel au secours ». « Nous sommes devenus les juges de mesures fictives », écrivent-ils, dénonçant le manque de moyens pour la protection de l’enfance.

« Nous, juges des enfants du Tribunal de Grande Instance de Bobigny, souhaitons alerter sur la forte dégradation des dispositifs de protection de l’enfance en Seine-Saint-Denis.

Juges des mineurs délinquants, nous sommes, aussi, juges des mineurs en danger. À ce titre, nous devons répondre à l’exigence de protection des enfants, parfois très jeunes, que leur situation familiale met en péril : violences physiques, sexuelles, psychologiques, délaissement parental, négligences dans les soins et l’éducation. La loi nous permet, dans les cas où une séparation s’impose, de retirer l’enfant de son milieu familial. Elle nous permet aussi d’ordonner des mesures d’investigation ou d’accompagnement éducatif qui permettent, lorsque la situation s’y prête, de la faire évoluer favorablement en maintenant l’enfant dans sa famille, tout en veillant à son bon développement et à son insertion scolaire et sociale. Les mesures d’assistance éducative, exercées pour la plupart par le secteur associatif habilité, sont actuellement soumises à des délais de prise en charge inacceptables en matière de protection de l’enfance : il s’écoule jusqu’à 18 mois entre l’audience au cours de laquelle la décision est prononcée par le juge des enfants et l’affectation du suivi à un éducateur. Près de 900 mesures, soit 900 familles, sont en attente. Nous en connaissons les raisons : un manque flagrant de personnel, lié aux restrictions budgétaires, dans un contexte où la dégradation des conditions du travail éducatif et social en Seine-Saint-Denis rend plus difficiles les recrutements.

Le secteur associatif n’est pas le seul en difficulté. Dans les circonscriptions d’action sociale, les éducateurs du Conseil départemental, en sous-effectif eux aussi, ne parviennent plus à assurer correctement les missions de l’Aide Sociale à l’Enfance : accompagnement des enfants placés et de leurs familles, prise en charge des traumatismes et organisation des visites médiatisées requérant l’intervention constante d’un éducateur et d’un psychologue, évaluation approfondie des situations signalées par les écoles ou les assistantes sociales de secteur. Le repérage et l’analyse des dangers auxquels sont confrontés les enfants du département deviennent de plus en plus difficiles. En Seine-Saint-Denis, des mineurs en détresse ne peuvent ainsi plus recevoir l’aide dont ils ont besoin, faute de moyens financiers alloués à la protection de l’enfance par le Conseil départemental, tributaire en partie des dotations de l’État.

De l’autre côté du périphérique, la prise en charge des mesures éducatives judiciaires se fait sans délai, ce qui crée une inégalité inadmissible de réponse aux difficultés des familles.

Au Tribunal pour enfants de Bobigny, même si un quinzième cabinet de juge des enfants a été créé, nos greffiers en nombre insuffisant sont aussi en grande difficulté pour remplir leurs missions : leur absence, pourtant illégale, aux audiences en assistance éducative est à présent la norme. Les jugements pénaux sont, quant à eux, notifiés dans des délais (environ un an) qui leur ôtent véritablement leur sens, dans un département où les actes de délinquance sont nombreux. Que faut-il répondre aux parties civiles qui attendent leur indemnisation pour un vol avec violence ou un cambriolage pourtant déjà jugé ?

Nous sommes devenus les juges de mesures fictives, alors que les enjeux sont cruciaux pour la société de demain : des enfants mal protégés, ce seront davantage d’adultes vulnérables, de drames humains, de personnes sans abri et dans l’incapacité de travailler. Ce seront davantage de coûts sociaux, de prises en charge en psychiatrie, de majeurs à protéger, et, ce n’est plus à prouver, davantage de passages à l’acte criminel. Le meilleur rempart à la violence extrême, sous toutes ses formes, y compris la violence terroriste, est, nous en sommes convaincus, une politique efficace de détection des violences précoces et de protection des enfants qui en sont les victimes.

Notre alerte est un appel au secours.  »

Thierry BARANGER, président du Tribunal pour enfants
Anaïs AGUDO, juge des enfants
Anne-Françoise ASTRUC, juge des enfants
Violaine CHAPELLIER, juge des enfants
Emmanuelle DELERIS, juge des enfants
Sylvie DELUMEAU-VAILLANT, juge des enfants
Pascale DEMARTINI, juge des enfants
Edouard DURAND, juge des enfants
Neïl GRID, juge des enfants
Magali LAVIE-BADIE, juge des enfants
Magalie MOREL, juge des enfants
Olivier NOEL, juge des enfants
Claire PAUCHER, juge des enfants
Christina RINALDIS, juge des enfants
Marion POTIER, juge des enfants »

Faits d’actualité, sujets dans l’air du temps et découverte : deux heures pour faire “Le tour de la question”. Accompagnée de Julie, Wendy Bouchard engage le débat, invite les auditeurs à échanger en direct, et s’entoure de spécialistes pour répondre à leurs interrogations.

Sujet 1 : “Agression d’une enseignante : comment de telles violences sont possibles ?”

Alors que jeudi dernier, une enseignante de Créteil a été menacée avec une arme par un de ses élèves, la question de la “sécurisation” dans les établissements scolaires est rouverte

Aujourd’hui doit avoir lieu un comité stratégique avec Jean-Michel Blanqueret Christophe Castaner pour un « plan d’actions ambitieux » contre les violences visant les enseignants

“Etes-vous favorables à l’installation de portiques, caméras et détecteurs de métaux dans les établissements scolaires ?”

Ecouter le podcast

Merci, Hervé, Valentin semble plus ouvert. Je ne l’ai pas beaucoup vu ce soir car il est parti à la boxe mais il veut rentrer plus tôt pour que je l’aide à faire ses devoirs – ce qui est encourageant ! Je vous tiens informé mais je vous remercie vraiment de votre aide et de vos conseils, les deux m’aident beaucoup. À très bientôt.

Venez rejoindre Hervé Kurower le lundi 3 septembre 2018 sur France 3 qui participe à l’émission « 9h50 » (à cette heure là donc…).
Les questions et les réponses tourneront autour d’un sujet d’actualité : la rentrée scolaire.
A lundi!

Si l’on se réfère au jeu du même nom, a perdu le joueur dont le roi est menacé et qui se trouve dans l’incapacité de bouger.
Il est alors en échec et mat, incapable de bouger.

Annoncer à un enfant et surtout à un adolescent qu’il est en échec scolaire, revient à une condamnation à mort de ses capacités scolaires et par extension intellectuelles.

Mieux vaut alors employer le terme de difficulté. C’est difficile d’aller à l’école.
En effet, une scolarité post primaire peut devenir un sacerdoce pour un adolescent.
Beaucoup d’heures de cours, d’inter cours, de professeurs différents plus ou moins motivés, des salles de classe bondées, des couloirs et locaux souvent vétustes, de nouvelles règles à respecter…
Il ne s’agit pas de dénigrer l’Education Nationale mais de constater.

De l’inadéquation d’une partie des programmes

A la vue des devoirs de nos enfants, une question essentielle doit à mon sens être posée : sont-ils vraiment adaptés tant par la forme que par le fond à la tranche d’âge concernée ?

Je pense à un devoir sur les acariens quand on a 13 ans, au descriptif fastidieux d’une leçon de géographie à propos de la Seine, sa longueur, le lieu de sa source, ses estuaires, les villes principales qu’elle traverse ; le tout multiplié par le nombre de fleuves Français…
Je pense aux œuvres littéraires proposées à nos jeunes, est ce bien raisonnable de devoir lire Le Rouge et Le Noir, le Père Goriot ou Madame Bovary quand on a 15 ou 16 ans ?

Bien sûr tout dépend de la manière dont le professeur « vend » l’œuvre aux élèves, mais indépendamment de cela, les œuvres étudiées sont beaucoup trop souvent longues, obscures et en décalage total avec la maturité du public concerné.

Il ne s’agit pas de refaire les programmes, ni même de proposer des solutions ici, mais de réaliser et freiner nos projections d’adulte. Est il pertinent d’assurer à un ado de 13 ans qu’il est important de bien connaître l’appareil digestif du rat ? ou de lui assurer qu’il faut absolument maîtriser le temps face à douze tours de cours estampillés Education Physique et Sportive ?

Par contre, fort de ce constat, il est impératif qu’il comprenne l’importance de parler une ou deux langues étrangères, de maîtriser la nôtre, de manipuler les fondamentaux mathématiques.

Je pense qu’il faut expliquer tout cela à nos ados.  De l’absurdité de certains items du programme à la nécessité vitales d’autres.

Un discours jamais entendu marque plus qu’une sempiternelle rengaine.

On peut ensuite élaborer une stratégie : pourquoi ne pas négliger un peu les tours de cours et se renforcer sur les fonctions mathématiques ?

Pourquoi ne pas leur apprendre à s’adapter, trier, élaborer ?

Bien sûr, il faut se servir des points d’appui, valoriser les matières dans lesquelles l’ado à des bons résultats sans oublier de noter les efforts et les progrès fournis dans les autres.

LA CRISE D’ADOLESCENCE

La crise d’adolescence n’existe pas.

Ce sont les carences éducatives liées à l’enfance qui s’expriment pendant la période de l’adolescence.

La genèse :

Je vois des adolescents depuis maintenant presque vingt ans quasiment quotidiennement.
J’ai travaillé dans une structure de l’Education Nationale dans laquelle nous nous occupions d’ados ayant commis des actes de délinquances, des délits. J’étais affecté au groupe des 15-18 ans, garçons, éducateur en internat avec nuits et enseignant en classe avec ces jeunes la journée. J’y suis resté douze ans.

J’ai ensuite crée Consult Educ’ il y a 8 ans. Nous intervenons à domicile en tant que consultant éducatif afin d’aider les familles à instaurer ou restaurer les mécanismes éducatifs avec les enfants et les ados.

Je pense donc pouvoir affirmer avoir une certaine expérience.

Une définition :

Allons au plus simple et plus populaire, la définition wikipedia de la crise d’adolescence :
« La crise d’adolescence est, dans le langage courant, l’ensemble des troubles (sautes d’humeur, attitudes de défi, opposition aux parents, comportements excessifs…) supposés se produire durant la phase de transition entre l’âge enfant et l’âge adulte qu’est l’adolescence.
En psychologie, des auteurs ont décrit l’adolescence comme la période marquée par de nombreux changements dont celui de l’identité qu’ils décrivent comme « crise » au sens de bouleversement psychologique (cognitif et émotionnel) que l’adolescent ou le jeune adulte cherche à résoudre et qui lui permet de construire une identité stable et de s’orienter dans la vie. »

Une autre définition :

De manière plus prosaïque, qu’est-ce qu’une crise
Économique ?
Financière ou boursière?
Bancaire ?
De nerfs, d’épilepsie ?
De foie ?
Politique ?
Humanitaire ?
Alimentaire ?
Etc…C’est un bouleversement soudain et souvent violent dont seules les conséquences s’inscrivent dans la durée.
Prenons l’exemple du célèbre krach boursier de 1929 aux Etats Unis. En 5 jours (entre le 24 et le 29 octobre 1929), la crise fut violente et soudaine mais les conséquences longues et couteuses, à tel point qu’elle s’est même exportée an Allemagne favorisant la montée du NSDAP d’Hitler.

Une crise de nerfs est également violente et soudaine. Ces deux adjectifs sont tout à fait applicables au concept de « crise ».

La « crise d’adolescence » : du marketing.

Revenons à nos ados et cette fameuse « crise d’adolescence ».

Bien entendu, on nous explique que le corps de l’adolescent(e) change, se métamorphose, que la puberté fait son apparition, que les menstruations et la poitrine arrivent chez les unes, que le système pileux se développe et que la voix devient grave chez les uns ; c’est bien évidemment tout à fait vrai !

Mais le corps n’est-il pas toujours en mutation même si les transformations évoquées chez l’adolescent se font sur un laps de temps plus court, c’est-à-dire entre 8 à 10 ans environ (de 12 à 19-20 ans) ?
N’y a-t-il pas autant de différence entre un nourrisson et un enfant de 10 ans ?
Entre une femme de 35 ans et la même à 50 puis 75 ans ?
Bien sûr, la mutation est tout aussi spectaculaire à l’adolescence.

Pléthore de livres, d’articles, d’émissions de télévision, de sites internet en parlent depuis des décennies.
Ce concept remplit les cabinets des psychologues, pédopsychiatres, psychiatres, thérapeutes de toutes obédiences… de bonne foi bien entendu.

Un souci de respect des règles avec mon ado ? crise d’adolescence !
Il procrastine ? crise d’adolescence !
Echec scolaire ? crise d’adolescence !
Addiction jeux vidéos ? crise d’adolescence !
Addiction cannabis ? crise d’adolescence !
Insultes, violence physique ? crise d’adolescence !
etc…

Cette « crise d’adolescence » est un tiroir générique dans lequel sont rangés les dysfonctionnements éducatifs liés à l’enfance, au positionnement parfois inadapté des parents face à leur ado.

C’est à mon sens un concept qui fait vendre, du marketing.
Une fois que votre ado est estampillé en crise d’adolescence, que se passe t il ?
:«ça lui passera madame ? »

La crise d’adolescence n’existe pas

Les dysfonctionnements éducatifs lors de l’adolescence sont dus, non pas à une étiquette range tout, mais à des carences éducatives.
Comment apprend-on à être parents ? qui nous donne des cours de parentalité ? personne !

Si on ne définit pas des règles éducatives à la fois précises et souples, cadrantes, rassurantes dès l’enfance, il sera bien entendu encore plus difficile de poser des limites lors de l’adolescence.

Je pense que la mutation du corps qui s’étale quand même sur pas mal d’années, les velléités d’indépendance des ados, leurs petits tests quotidiens (comme ceux des enfants) ne débouchent pas inéluctablement vers une longue période de perturbations continuelles.

La solution

Afin de restaurer les mécanismes éducatifs, il faut des professionnels de l‘éducatif.

Tout simplement !

https://notre-siecle.com/regagner-respect-de-ado/

Voilà un site qui vous propose des régler vos problèmes éducatifs avec vos ados difficiles et réfractaires à tout par … correspondance (téléphone, Skype ou mail…).

Nous aimerions juste avoir votre avis… (le mien étant quand même déjà fait…).

L’interlocuteur a intérêt à …se dépêcher!

CONSULT EDUC’ vous souhaite une bonne heureuse année 2017, en espérant pouvoir y contribuer en vous aidant efficacement.

Hervé Kurower

Un bel exemple de choc des générations!