Le mensonge chez l’ado (ou l’enfant).

Pourquoi l’adolescent a-t-il une propension à mentir ?

Dès la petite enfance, il le sait : « mentir, c’est pas bien ».
Fort de ce constat, il manipule le mensonge comme un ami.

Pourquoi ?

L’adolescent ment car :

Il a peur de nos réactions.
Il a peur d’être puni
Il ne sait pas encore assumer ses actes.

Sur le plan éducatif, le mensonge est un outil intéressant.
Il permet d’établir un dialogue fondé sur la culpabilité de l’ado face à son mensonge.
Phase 1 : lui exposer la situation
Phase 2 : lui faire avouer
Phase 3 : sanctionner en précisant bien que c’est le mensonge qui est puni, pas la      faute génératrice de ce dernier.
Phase 4 : reprendre tout cela avec lui à la levée de la sanction et lui proposer une solution pour éviter de mentir à nouveau.

Là, un exemple me semble nécessaire.

Prenons un jeune garçon de 15 ans qui a de bons résultats scolaires, pas de problèmes particuliers avec ses parents, bien dans sa peau comme on dit…

Persuadé de devoir toujours paraître excellent et irréprochable, il se trouve qu’il a deux mots sur son cahier de correspondance pour bavardages et pour un devoir qu’il n’a pas rendu. Bien sûr,  à la demande parentale de présenter le carnet en question (suivi de routine), il affirme l’avoir perdu.
Le connaissant, vous êtes forcément suspicieux : comment se fait-il qu’il vous le présente spontanément quand il s’agit d’un prof absent, d’une bonne note ou d’une réunion d’information et qu’il ne sache plus où il est les autres fois, notamment celle ci ?

Phase 1 : lui poser cette question. La probabilité pour qu’il l’ai réellement perdu est assez faible.
Phase 2 : pour le faire avouer, c’est très simple.
Imaginons le dialogue type : « tu peux me montrer ton cahier de correspondance s’il te plait ?
heu, pourquoi ?
pour voir, comme ça, ta scolarité m’intéresse
heu (ils commencent souvent par heu, ou par quoi, surtout dans les moments de gêne…), je l’ai pas, je crois que je l’ai perdu.(Bien sûr vous décelez de suite de l’inquiétude dans son regard, dans sa gestuelle éventuellement ainsi que dans le ton de fausse surprise qu’il adopte).
c’est contrariant ça…dans le bus ? à l’école ? à la maison ? bien sûr, tu vas me répondre que si tu savais où tu l’as perdu il ne le serait pas, un peu de dérision ne fait pas de mal, le temps de le décontracter et qu’il se croit tiré d’affaire le temps d’une minute (il se relâche).Ce n’est pas grave, je vais téléphoner à ton professeur principal et à ton CPE demain. »
Normalement, la stupeur se lit sur le visage de votre ado, il se sent coincé, acculé.
C’est à ce moment précis qu’il faut lui offrir une porte de sortie. Ne pas l’étouffer mais lui faire comprendre son erreur, telle est la démarche éducative.

Lui proposer une alternative : « écoute, je te propose de bien réfléchir. Je vais te poser une question, et j’aimerais la vérité : il y a t-il des choses écrites dessus que tu ne veux pas que je lise ? Je préférerais que la vérité sorte de ta bouche plutôt que de celle du prof principal…en plus je suis sûr que tu n’as rien fait de grave… ». Bref, c’est le moment de lui mettre la pression.
Et il avoue.
Rester calme et stoïque. Ne pas s’enflammer.

Phase 3 : maintenant que la lumière est faite, lui énoncer la sanction en lui précisant bien que vous punissez le mensonge. Libre à vous de le priver de telle ou telle chose qui lui tient à cœur. Ou bien de lui demander de vous présenter son carnet de correspondance midi et soir, à chaque fois qu’il rentre de l’école.
La sanction doit être juste, bien sûr, et proportionnée.

Phase 4 : après un certain temps, le lendemain par exemple, il faut reprendre ce qu’il s’est passé avec lui. Transformer ce qu’il espérait qui passerait inaperçu en un micro événement. Théâtraliser sans dramatiser, toujours en pleine maîtrise.

Lui faire reformuler est important afin qu’il intègre toutes les données du problème.
Ensuite, il faut à mon sens lui donner des solutions pour qu’il cesse de mentir.

D’abord lui expliquer, dans l’exemple cité, que s’il était venu en disant : « voilà, j’ai deux mots parce que j’ai parlé avec un copain en classe et un autre parce que je n’ai pas fait mes devoirs », non seulement l’image que vous auriez eu de lui aurait été magnifiée mais qu’en plus il s’en serait certainement tiré qu’avec une ou deux remontrances.

Lui faire admettre qu’il a menti parce qu’il n’a pas une entière confiance en vos réactions. Lui assurer qu’il le peut et qu’agir  de la sorte le dessert dans la mesure où la sanction aurait été moindre, voire nulle.

La solution ? Avoir le courage qu’il vienne de son propre chef.
Comment ? En lui promettant qu’il n’y aura pas de réelle sanction. (Et surtout, s’y tenir).
N’hésitez pas à lui rappeler ce deal de temps à autres et l’adage : « faute avouée à moitié pardonnée… ».

« Vive les vacances, plus de pénitence… »

 » Que penses tu faire aujourd’hui?
– Rien
– C’est déjà ce que tu as fait hier
– Oui, mais j’ai pas fini!  »

N’avez vous entendu ce discours que pendant les vacances scolaires ou bien… pendant l’année scolaire!!! ??? Voire toute l’année?

L’orientation post BAC intervient très souvent…avant le BAC! remplir des cases, faire des choix avant même de décrocher le précieux sésame… Pas toujours évident pour nos ados.

Et pourtant! Les choses sérieuses commencent… Finaalement, à 18 ou 19 ans, est on sûr de la voie à prendre pour le erste de notre vie? Quel est le rôle des parents?

Vaste débat…

Le système scolaire français demande aux élèves de 3 ème de « s’orienter » pour la suite de leur scolarité, de leur projet professionnel (s’ils en ont un) , bref , de décider de leur vie future… à 15 ou 16 ans.

A cet âge, les ados sont au contraire dans le plaisir immédiat, vivent au jour le jour et ne soucient guère plus que de la sortie de we.

Alors comment concilier cet énorme paradoxe? D’autant que cette demande d’orientation intervient avant même la fin de la 3ème!

Quel est votre avis?

L’enfant et l’adolescent ont besoin de vérifier la solidité de leurs référents : les parents.
« Ils m’ont expliqué pourquoi l’école est parfois ennuyeuse et difficile, bien, bien bien…mais, suis je vraiment obligé de travailler alors ? ».

La réponse étant bien évidemment oui, il faut mettre au point un suivi parental. L’ado est demandeur d’encadrement, ça le rassure, il sent qu’il est souverain à l’intérieur de ses limites.

Suivi des devoirs, du cahier de correspondance, rencontre des professeurs, le Conseiller Principal d’Education (CPE), s’assurer que votre enfant rentre à la maison lorsque des inters cours sont trop longs (pour éviter de trainer).

On peut très bien lui expliquer qu’il vaut mieux gérer son temps ainsi, rentrer quand il y a une permanence de 3h et faire ses devoirs au lieu de les faire ce soir à 18h, fatigué,  et pouvoir se détendre à la place (autoriser alors la console de jeu, le film vide cerveau ou le manga dont les onomatopées font office de dialogue). Il faut savoir jongler entre moments de travail et moments de détentes.
Dans les cas les plus difficiles, on peut aussi aménager une fiche de suivi avec les professeurs et/ou le CPE, ou chaque intervenant note sur la fiche, la ponctualité, l’assiduité, le respect, le travail. A faire remplir et signer par  chaque intervenant de la journée et à présenter aux parents le soir. Efficacité garantie.

Attention toutefois à ne pas confondre suivi et intrusion. Il faut veiller à laisser à votre ado des plages de liberté. Lui expliquer que toute cette organisation vise non seulement à le faire progresser scolairement mais aussi à lui octroyer du temps libre pendant lequel il fait ce qu’il veut.

En 2009, j’ai eu l’idée de créer Consult Educ’ et de proposer un service nouveau: des Consultants Educatifs exprimentés et efficaces qui viennent à domicile dans des délais très courts et qui peuvent assurer un suivi « à la carte ».
Depuis, le réseau s’est étoffé sur les deux tiers du territoire.
Je ne prétends pas avoir inventé le métier d’éducateur libéral, mais force est de constater que l’idée a fait son chemin et des sites émergent. Vous pouvez tomber sur des gens qui vous proposent des entretiens Skype pour votre ado et/ou vous. Rien ne vaut le contact humain, le regard, la posture, la poignée de main avec le jeune, la façon de dire bonjour. Nous restons très dubitatifs quant à l’efficacité de ce procédé…si ce n’est que de gagner de l’argent à moindre coût? (pas de frais de déplacement, on peut faire succéder les rendez vous et additionner les euros, l’intervenant reste chez lui au chaud…).

D’autres vous proposent également des « packs ». Par exemple, le prix de 3 mois de suivi sera dégressif par rapport à un mois ou deux. Essaye-t-on de vous vendre des forfaits téléphoniques…??? Sachez qu’il est impossible de prévoir à l’avance le temps nécessaire pour vous aider et régler les problèmes. Parfois, une fois suffit, parfois plus, parfois un suivi régulier s’impose mais est décidé visite après visite.

J’ai relévé aussi quelques sites  dont je tairai le nom ici (pour l’instant), où l’on vous propose des forfaits mails: vous avez droit à 3 questions et 3 réponses pour …30e, 4 questions et 4 réponses pour 35e, etc…
Pire, certains ont même le culot de décompter les longues minutes téléphoniques pendant lesquelles vous vous épenchez sur vos turpitudes familiales en vous demandant… votre numéro de carte bleue!!! 1euro la minute…ARNAQUE!
Est-on sur un site de rencontre? Je pense que ces personnes, que je n’ose qualifier d’éducateurs, sont juste là pour profiter de la détresse des gens.

En définitive, faites bien attention lors du premier contact mail ou téléphonique à ce que l’on vous propose. Nous travaillons sur ce qu’il y a de plus précieux: nos enfants.
Que nous gagnions nos vie en faisant ce métier et en aidant autrui est tout à fait légitime mais pas dans n’inporte quelles conditions.

D’où le titre de cet article…

Bien à vous.

Les causes

L’école c’est une machine à trier :

Exemple de Mickaël 17 ans, en 1ère bac pro électrotechnique.
Déscolarisé : insolences répétées avec les professeurs, ne va plus en cours. Problèmes avec les parents, refus des règles, se lève tard, traîne avec ses copains, fume du shit, etc…

Son parcours : en 3 éme, les notes sont moyennes, le comportement est correct, les deux stages de découverte professionnelle se passent très bien.

Fin de 3éme, orientation, Mickael remplit sa fiche.
Il veut aller en bac pro électronique et numérique. Son premier choix est le lycée qu’il pense être le meilleur et qui est pourtant loin de chez lui, en second choix un autre lycée, en troisième un lycée qui fait CFA, puis en dernier celui qu’il estime être le moins bien.
Il n’a pas fait assez attention au quatrième choix, ce lycée propose électro technique au lieu de électronique et numérique.
Mickael hérite du quatrième choix. Il réalise son erreur à réception du courrier, début juillet.
Bien sûr, plus personne ne travaille et aucune possibilité de retour en arrière n’est possible devant la famille démunie qui ne connaît pas tous les rouages de l’éducation nationale.
Il atterrit donc à la rentrée en électro technique, démotivé, démissionnaire, révolté, en colère…

L’Ecole est impitoyable, pour avoir gain de cause, il faut se battre : les raisons ? manque de place, tri sélectif des élèves en fonction des résultats, méconnaissance des rouages par les familles et les professionnels aussi…

Le rôle de la famille

La pression familiale : peut être nocive car l’enfant devient une projection des parents….
L’absence de cadre familial : pas ou peu de limite, l’enfant n’a pas appris à avoir le goût de l’effort, toute puissance possible…

Les mécanismes de l’échec scolaire

Dès tout petit l’enfant ne comprend pas.
L’instituteur, souvent en surpopulation scolaire, n’a pas toujours le temps, ni l’envie de faire de la pédagogie différenciée. (adapter son enseignement en fonction du niveau des élèves).
L’enfant se sent exclu sur un plan cognitif : il sait qu’il sait moins, moins bien, et moins vite. La chute de l’estime de soi commence. Il commence un cultiver un sentiment d’échec.

Les réactions à l’adolescence : stratégies de l’échec : retrait, insolences avec l’adulte, transgressions, agressivité, violence.

L’adolescent est alors « orienté » vers les structures ad-hoc, (SEGPA, EREA, ITEP ou autre…).

Son échec est d’autant plu stigmatisé que l’organisme qui s’occupe de ça, s’appelle la MDPH : Maison Départementale Du Handicap !!!!

Bien sûr, la volonté de remédiation est là et le système imaginé l’est faute de mieux.
Pourquoi ne pas déléguer des professeurs particuliers au sein même des classes dès la maternelle ou le CP ? Les présenter comme une aide et non un handicap.

Quand un enfant ou un adolescent ne veut plus aller à l’école, ou a de très mauvais résultats on l’oriente toujours vers un psychologue ou un psychiatre. Ils ont inventé une nouvelle maladie : la phobie scolaire.

Ni l’école, ni les profs, ni les dirigeants, ni les parents ne se remettent en question : c’est l’adolescent qui a tort, forcément…

Les remédiations possibles 

Après 10 ans passés au fond de la classe à avoir eu des mauvaises notes et s’entendre dire qu’il est nul, mauvais, idiot même parfois il faut redonner de l’envie à l’adolescent, le goût de l’effort, aller chercher en lui ce qu’il y a de positif : la ténacité, la volonté de présenter un beau travail dans la forme à défaut du fond, établir un lien de confiance est le préalable.

Contourner toutes les stratégies de l’échec que les adolescents mettent en place : exemple d’Eddy, 16 ans, non lecteur :

Ne voulait pas lire les trois premiers mois de la rentrée, en disant que c’est nul. Il était en grande difficulté. Après avoir insisté comme il se doit, je lui ai donc dit qu’il n’y avait aucun problème : il était interdit de lecture. Je ne l’interrogerai jamais.
Les autres ados en difficulté progressaient. Un jour, il m’a demandé s’il pouvait essayer, j’ai dit non…il était très énervé, il a insisté, donc 15 mn plus tard je l’ai laissé lire, le valorisant, lui parlant vrai : tu lis très mal mais tu sais lire, c’est ici et maintenant et avec nous que tu pourras progresser. Je mime un non lecteur, puis je l’imite avec respect en lui offrant la possibilité de progresser.
Maintenant, Eddy est en 2e année de CAP.

Les clés : activer la valorisation, le goût de la réussite, bienveillant mais pas compatissant. Participer à leur restauration identitaire.

Conclusion

L’école peut être un formidable outil de transmission du savoir, d’épanouissement personnel, de réussite sociale et personnelle. Elle a été pensée comme telle.
Elle peut aussi être une formidable machine à broyer les enfants puis les adolescents qui ne sont pas dans son moule.

Tout d’abord, il est important de ne pas confondre « avoir de l’autorité » -une multiplication des interdits qui peut déboucher sur l’autoritarisme- et « faire autorité ».

L’autoritarisme, c’est l’adulte qui décide à la place de l’adolescent, et lui impose, de façon arbitraire, des rythmes, des apprentissages, des silences…. « Faire autorité » au contraire, c’est savoir dire « non » à bon escient, justifier un refus –par le dialogue- et donner des sanctions qui ont du sens, en un mot respecter l’adolescent. Cela n’est possible que si l’adulte a suffisamment confiance en lui, en ses convictions, en ses « valeurs ». S’il est persuadé que sa vie est « digne » de constituer des repères.

Nombre de mamans seules, par exemple, sont intimement convaincues que leur « histoire » ne mérite pas qu’on s’y attarde… et se laissent « dépasser » par leur enfant.

De son côté, l’adolescent se caractérise par son ambivalence. Il a besoin à la fois d’autorité –d’un cadre qui lui permettra de se responsabiliser progressivement- et de rejeter cette autorité, de provoquer : « j’ai les parents les plus nuls… mais qu’est-ce qu’ils m’aiment ! » Pour répondre à cette ambivalence, le parent doit accepter d’être parfois le « mauvais objet » (au risque de se voir renvoyer une image de « ringard » !) en restant très ferme sur ses positions.

L’essentiel ? Ne jamais laisser l’adolescent faire quelque chose qui le « dérange » profondément, bref afficher une « saine » rigidité, en conformité avec ses propres convictions… »